L’indice biotique, ou comment les animaux nous informent sur la qualité de l’eau

Quand on se pose la question de la qualité de l’eau, il nous vient rapidement à l’esprit de faire des mesures et des tests sur des échantillons d’eau. Détectons-nous la présence de tel ou tel élément chimique ? Quelle est la température de l’eau ?. Y a-t-il suffisamment d’oxygène ? Détectons-nous des polluants ? … C’est ce qu’on appelle les mesures de paramètres physico-chimiques.

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Mais il existe une autre méthode pour estimer la qualité de l’eau. Car une eau de bonne qualité est une eau qui sera accueillante, propice à la vie, dans laquelle tout un écosystème va se mettre en place et se maintenir.

Cette méthode est appelée « indice biotique », ou indice biologique global normalisé.

Développée pour les cours d’eau, cette méthode repose essentiellement sur deux critères : la biodiversité (un milieu riche d’une vie diversifiée est signe d’une bonne qualité) et la présence d’espèces sensibles (celles qui disparaissent les premières lorsque le milieu perd en qualité).

Il faut pour cela sélectionner un lieu que l’on va analyser, repérer les multiples habitats aquatiques qui le composent et c’est parti pour la pêche ! Puis place à la détermination.

Atelier de détermination des macro-invertébrés aquatiques au parc Tournay-Solvay

Les animaux (macro-invertébrés) seront identifiés, comptés, classés, et le résultat obtenu en utilisant le tableau suivant :

Dans ce tableau certains animaux sont représentés, triés en classes de 1 à 7, des plus sensibles (1) en haut aux plus résistants (7) en bas. En pratique, on recherche dans notre échantillon l’animal le plus sensible (le plus haut dans le tableau), nous retenons la ligne correspondante, puis nous comptons le nombre de « sortes » d’animaux différents que nous avons découverts dans la station (tous ne seront pas déterminés jusqu’au niveau de l’espèce, on parle ici du nombre d’Unités Systématiques). Notons  la colonne qui correspond au nombre d’Unités Systématiques que nous avons prélevées.

En croisant la ligne et la colonne nous obtenons le score « Indice biotique » de notre cours d’eau.

Plus le score obtenu sera élevé, plus l’eau sera considérée comme ayant une bonne qualité !

Larve de trichoptère cachée dans son fourreau

Lors de nos ateliers dans le parc Tournay-Solvay, nous avons utilisé cette méthode, même si elle n’est pas véritablement adaptée à ce type de milieu (étang), et nous avons à chaque fois trouvé une quinzaine d’animaux différents, dont 2 espèces de trichoptères, ces animaux dont les larves construisent un fourreau protecteur fait de matériaux trouvés dans l’étang. En croisant ces résultats, nous en avons déduit un score de 8 à 9 / 10 pour le grand étang du parc. Un bon résultat ! Mais ce  n’est pas trop étonnant pour un étang qui se situe en sortie de la forêt de Soignes, dans un cadre relativement bien protégé.

Cette méthode complète bien les analyses physico-chimiques. Essentiellement parce que ces animaux ont une durée de vie de plusieurs mois à plusieurs années. Leur présence dans l’eau nous donne dès lors une indication sur la durée. S’ils sont présents aujourd’hui et que la ponte des œufs a eu lieu il y a plusieurs mois, c’est que les conditions leur ont été favorables durant ces derniers mois. Par contre leur absence devra être interrogée par des analyses physico-chimiques afin d’en déterminer la cause. Mais attention, la cause pourrait elle-même avoir disparu !

L’indice BECOME (Bioévaluation des ECOsystèmes Mares et Etangs) 

Il existe depuis peu une méthode qui propose d’élargir le champ d’observation aux milieux humides sans ou avec très peu de courant tels que les mares et les étangs. C’est une méthode qui conviendrait probablement très bien au contexte bruxellois où l’eau se trouve surtout dans des étangs, même si quelques ruisseaux subsistent encore (ou ont été remis en état). 

Cette méthode prend en compte de nombreux aspects de l’environnement de la pièce d’eau tels que le type de berge, la distance au cours d’eau, à la source, détermination et abondance de la végétation (macrophytes), altitude, ombrage, superficie…

C’est un outil de diagnostic qui permet d’évaluer l’état écologique et de conservation des pièces d’eau et le cas échéant d’identifier les pressions à l’origine de la dégradation de ces pièces d’eau.

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